418.1
To Show or Not to Show, That Is a Concern!

Friday, 20 July 2018: 08:30
Location: 717A (MTCC SOUTH BUILDING)
Oral Presentation
Isabelle LEMELIN, Université de Montréal, Canada
Dans Daech, le cinéma et la mort (2016), Jean-Louis Comolli nous amène à questionner les images d’exécution produites par l’autoproclamé État islamique (EI), ainsi que notre rapport à celles-ci et l’impact qu’elles peuvent avoir sur la terreur. À l’instar de cet auteur, il m’importe de réfléchir à ce qui est montré mais surtout à ce qui demeure caché, puisque le « monstre imaginé sera toujours plus effrayant que le monstre dessiné, peint ou filmé » (p.51). Ceci dit, est-ce que les bonzes des communications de l’EI puisant dans l’imagerie hollywoodienne en devinent les pervers rouages? Est-ce que leurs mises en scène sorties des studios Al-Hayat visent à les mimer ou à les miner? Est-ce que ces dernières ne suggèrent pas plutôt que le danger est ailleurs, dans ce que l’EI « s’évertue » à ne pas montrer et/ou dans l’angle-mort de des spectateurs? Si les vidéos de propagande « supposément naïve, car trop directe » (p.17) peuvent nous convaincre de la puissance de ceux qui s’y laissent entr’apercevoir et de l’impuissance de ceux qui les voient, ne peuvent-elles pas aussi être des opportunités de se rappeler de la puissance désormais trop souvent oblitérée contenue autant dans le choix de montrer et de ne pas montrer que dans celui de regarder et de ne pas regarder? Pourquoi cette guerre globale des images s’infiltrant plus massivement et intimement dans nos vies que les attentats terroristes et leurs contre-attaques demeurant dans le local ne pourrait-elle pas s’avérer une opportunité de savoir si nous sommes encore plus naïfs que ceux faisant « sauter » leur propre interdit de la représentation et, en quelque sorte, perdants, parce que, ni Hamlet ni Caïn, nous refusons de paraphraser nos questions existentielles : faut-il montrer/regarder ou ne pas montrer/regarder et qui est le gardien de mon frère ?