933.1
Strategies of Resistance : Migrant Caregivers Dealing with Social Isolation in Montreal, Canada

Wednesday, July 16, 2014: 3:30 PM
Room: Booth 46
Oral Presentation
Gabrielle PERRAS ST-JEAN , Inst National Recherche Scientifique, Montréal, QC, Canada
Cette recherche exploratoire est consacrée à la question de l'isolement, compris comme l’appauvrissement chronique des liens personnels et/ou sociaux (Weiss 1973 dans Guberman et al. 1993), chez les aides familiales migrantes de la région métropolitaine de Montréal (Canada). Provenant de divers pays « du Sud », les travailleuses admises au Canada dans le cadre du Programme des aides familiaux résidants (PAFR) sont engagées pour effectuer à domicile le travail reproductif (éducation des enfants, soins aux personnes âgées, malades, et/ou en situation de handicap, entretien ménager). L'une des exigences du PAFR concerne l'obligation pour les candidates de résider chez leur employeur. Plusieurs organismes nationaux (Commission des droits de la personne et de la jeunesse, Association des aides familiales du Québec (AAFQ)) et internationaux (Bureau international du Travail), dénoncent cette contrainte au logement en raison des abus qu'elle est susceptible d’entrainer. Parmi les effets néfastes connus, l'isolement des travailleuses est fréquemment mentionné, sans faire l’objet de travaux spécifiques. Cette étude qualitative inspirée des principes de la recherche féministe aborde cette question à partir des interrogations suivantes : Quelles sont les causes de l'isolement chez les travailleuses interviewées, et comment celui-ci se traduit-il dans le quotidien des répondantes? Comment les participantes s’adaptent-elles aux contraintes de logement?  Une douzaine d’entretiens semi-dirigés réalisés auprès de femmes immigrantes en cours de réalisation ou ayant récemment complété le PAFR nous indique que certains facteurs tels que le degré de mobilité, les possibilités de socialisation hors du foyer de travail, et l’implication au sein de groupes et/ou associations façonnent l’expérience du PAFR et agissent sur le sentiment d’isolement. Analysées à travers le prisme de la consubstantialité des oppressions (Kergoat 2009), les différentes stratégies de résistance contre les facteurs d’isolement déployées par les travailleuses montrent l’adaptabilité dont elles font preuve devant devant la rigidité des conditions d’immigration imposées.