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Dans Un Contexte De Crise économique : Tensions Sur L'emploi Et Sur Le Marché Immobilier. Quelles Conséquences Spatiales ?

Wednesday, July 16, 2014: 6:30 PM
Room: 415
Oral Presentation
Joel MEISSONNIER , Transport-Mobilité, CETE NP - CEREMA, Lille, France
Nathalie ORTAR , ENTPE, France
Dans le cadre de la recherche ANR Transénergy, six sociologues ont entrepris deux enquêtes par entretiens semi-directifs dans les métropoles françaises de Lille et Lyon sur la classe populaire salariée stable (Bihr, Pfefferkorn, 2004) potentiellement affectée par les évolutions économiques des marchés de l'emploi et de l'immobilier.

La première enquête (40 entretiens) s'intéresse aux candidats à l'accession à la propriété. La seconde (30 entretiens) s'intéresse aux salariés travaillant dans des zones d'activités périphériques.

Notre contribution traite des conséquences spatiales de tensions combinées sur les marchés de l'emploi et immobilier et s'articule autour de quatre parties:

–En situation de crise économique, l'attitude la plus répandue est de s'agripper à l'emploi. Au nom de cette sécurité professionnelle, des projets familiaux sont au mieux différés sinon abandonnés, y compris des divorces. Traiter des conséquences spatiales des évolutions récentes des marchés passe d'abord par en considérer les conséquences en terme d'immobilités.

– Les marges de manœuvre que contrôlent les salarié-es sont différentes selon qu'ils rapprochent l'emploi ou se rapprochent de l'emploi. Si la proximité domicile-travail détermine largement le choix résidentiel, elle n'est plus garantie. D'évidence, la proximité domicile-travail devient privilège.

–Les difficultés que rencontrent certains ménages en période de crise pour accéder à la propriété ou à la location (dépôt de garantie) étant donné l'instabilité de leurs emplois, rendent plus complexe l'ajustement des localisations. L'instabilité professionnelle ou les fréquentes délocalisations d'entreprises aboutissent à ce sentiment que, du point de vue des navettes domicile-travail, tous les lieux se valent.

–Si la ville n'est pas cohérente (Korsu alii 2012) cela ne tient-il pas d'abord à sa forme urbaine ? Dans une ville multipolaire comme Lille si la possibilité de trouver un logement à distance raisonnable de l'emploi paraît satisfaisante, dans une métropole unipolaire comme Lyon, les difficultés à trouver une localisation satisfaisante sont plus grandes.